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13 novembre 2016

A propos des discussions sur les sondages

A bien écouter les médias traditionnels et à lire la plupart des textes sur les réseaux sociaux, il semblerait que les sondages d’opinions sont devenus, en une journée (entre le 8 et le 9 novembre 2016), une méthode scientifique désuète et dépourvue de toute sa splendeur d’antan. Beaucoup des analystes affirment, à tort ou à raison, que Donald Trump a fait mentir les 300 sondages d’opinions qui ont tous donné Hilary Clinton gagnante des élections américaines.
Ce n’est pas la première fois que les résultats des sondages électoraux diffèrent des résultats des votes. C’était aussi le cas pour le Brexit (référendum consultatif réalisé en Grande Bretagne sur la sortie dans l’Union Européenne). Alors, comment expliquer cette différence entre les résultats des sondages et la réalité ? Les sondages seraient-ils devenus réellement désuets dans la compréhension de la réalité électorale mondiale ?
Ce présent article est une analyse des différentes limites des sondages d’opinions expliquant le pourquoi de ces différences entre les résultats et proposant des pistes de solution.

Sondage et sondage d’opinion

Tout d’abord, c’est quoi un sondage ?
Le sondage est considéré comme une méthode statistique ayant pour but de mesurer des proportions d’une ou de différentes caractéristiques d'une population à partir de l'étude d'un échantillon de celle-ci (seulement une partie de la population). Ici, on entend par population l’ensemble des éléments sur lesquels les caractéristiques seront mesurées.
En marketing et dans les élections, le sondage d’opinion constitue une application des techniques de sondages à une population humaine afin de déterminer les préférences des individus de cette population en étudiant un échantillon de cette dernière.

Les limites inhérentes à tout sondage d’opinions

Les sondages d’opinions constituent une méthode scientifique très utilisée par beaucoup d’organismes et d’institutions. Cette méthode leur fournit beaucoup de solutions à des problèmes dont ils faisaient face comme comprendre les désirs des consommateurs en Marketing ou comprendre les intentions de vote des potentiels électeurs dans le cadre de la réalisation d’une élection.
Aussi utiles que puisse être un sondage d’opinion, il regorge de limites qui méritent d’être pris en compte dans leurs analyses. Les limites qui sont inhérentes à tous les sondages d’opinions sont :

1-  Echantillonnage, niveau de confiance et marge d’erreur

Le sondage utilise un échantillon (une partie) de la population cible pour mesurer les opinions ou préférences de cette partie. Les opinions mesurées sont alors extrapolées à toute la population sous certaines conditions. Ces conditions sont celles qui ont été prises en compte dans le calcul de l’échantillon à interviewer.
L’une de ces conditions est le niveau de confiance choisi. Etant réalisé sur seulement une partie de la population, il ne sera pas possible de savoir avec une confiance de 100% si les opinions mesurées correspondent aux opinions de la population. Le niveau de confiance est cet élément qui permet d’inclure dans le sondage la probabilité de se tromper dans le choix de l’échantillon.
La plupart des sondages utilisent un niveau de confiance de 95% donc un risque de se tromper de 5%. Ce qui signifie qu’en faisant le choix aléatoire de l’échantillon, en moyenne 5 fois sur 100 (en supposant que 100 échantillons aléatoires ont été tirés), les opinions mesurées peuvent ne pas correspondre aux opinions de la population. Quand l’échantillon est bien choisi c'est-à-dire que les opinions mesurées correspondent aux opinions de la population, il est dit représentatif de la population. Dans le cas contraire, il n’est pas représentatif.
La marge d’erreur est un autre paramètre qui est utilisé dans le calcul de l’échantillon. Et cette marge d’erreur permet de construire des intervalles dans lesquelles devraient se trouver le vrai pourcentage des opinions de la population si l’échantillon est représentatif. Il est donc primordial d’utiliser les intervalles de confiance dans l’analyse des opinions car ils permettent de cerner dans quelle fourchette devrait se trouver le pourcentage réel des opinions.
Par exemple, pour un sondage électoral avec une marge d’erreur de 3% où le candidat X a obtenu 46% des intentions de vote et le candidat Y 44.5%. Les intentions de votes réels de la population devraient se situer entre 43% et 49% pour le candidat X et entre 41.5% et 47.5% pour le candidat Y si l’échantillon est représentatif. Dans un cas pareil, il ne serait nullement étonnant que le candidat Y obtienne plus de voix que le candidat X car les vraies intentions de vote peuvent être de 44% pour le candidat X et 45% pour le candidat Y (compris dans les intervalles de confiance).
Donc l’analyse des pourcentages (estimation ponctuelle) uniquement n’est pas complète et ne permet pas toujours de savoir avec exactitude qui a réellement plus d’intentions de votes (surtout quand l’écart entre les candidats n’est pas grand).

2-  Hypothèse de vérité

L’un des fondements des sondages d’opinions résident dans le modèle béhavioriste supposant que les individus de l’échantillon qui seront interviewés vous diront la vérité sur leurs opinions. Or, il est tout à fait possible que, pour des raisons inconnues, certains des interviewés ne vous révèlent pas leurs réelles opinions ou que les opinions révélées lors d’un sondage changent en fonction des informations reçues par l’individu après l’interview. Il est même possible que choisir entre deux ou plusieurs candidats ne tient qu’à un fil pour l’interviewé.
Dans un cas pareil, la mesure des opinions de l’échantillon peut ne pas refléter les opinions de la population au moment des votes.

3-  Temps de validité

Les enquêtes d’opinions présentent les résultats des opinions collectées sur l’échantillon pendant la période de collecte. C’est donc une photo ou un instantané des opinions des interviewés pour une période spécifique. Les sondages sont donc valides uniquement pour la période de collecte des informations.
Beaucoup de facteurs peuvent modifier les opinions et les préférences des interviewés entre la période de réalisation d’un sondage électoral et les élections.  C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les candidats intelligents utilisent les résultats des sondages électoraux pour mieux comprendre leurs forces et leurs faiblesses et essayer de se renforcer dans les lieux où ils sont faibles.
Dans une pareille dynamique, il n’est pas étonnant de voir des candidats faire mentir les sondages. Car, premièrement, les sondages réalisés avant les élections n’ont aucune validité le jour des élections en raison du caractère changeant des opinions des humains ; et deuxièmement, les résultats sont utilisés pour modifier les opinions des individus de la population.

Vers des résultats plus précis

Les limites inhérentes aux sondages et le caractère changeant des opinions des humains rendent plus difficiles la compréhension des préférences de la population. De ce fait, des études statistiques plus approfondies méritent d’être réalisées en utilisant des méthodes quantitatives et qualitatives afin de mieux cerner les préférences de la population cible.
Il ne faut pas cesser d’utiliser les techniques de sondages dans la compréhension des opinions comme dans le cas des sondages électoraux. Par contre, il faut analyser les résultats en fonction de la marge d’erreur utilisée dans le cadre du calcul des échantillons et il faut relativiser les résultats sachant que les opinions et préférences des individus sont changeantes.
Notez bien qu’un sondage électoral ne dit pas quel sera le résultat des élections ! Au contraire, il renseigne sur les intentions de vote des électeurs à un moment précis et sert d’outil d’aide à la décision stratégique en vue de changer les opinions.
Les sondages d’opinions ne tombent pas en désuétude. C’est la compréhension et les attentes du monde des résultats des sondages qui doivent évoluer !!!


      Auteur : Pierre Philippe Wilson REGISTE
Contact : pentagoneconsultinggroup@gmail.com

18 octobre 2016

Critiques sur le dernier sondage du BRIDES


Réaliser des sondages électoraux en Haïti devient, depuis quelques années, très récurrent. Ils sont commandités par des candidats ou des personnes anonymes ou encore ils sont généralement réalisés par des firmes de consultation expertes en la matière.
Dans ce domaine, le Bureau de Recherche en Informatique et en Développement Economique et Social (BRIDES), est l’une des firmes haïtiennes ayant produit le plus de sondages électoraux. Son dernier en date, réalisé entre le 28 septembre et le 1er octobre 2016, a provoqué  beaucoup d’interrogations au niveau médiatique et des cercles intéressés de la société civile. Ce qui nous a incité à consulter le document « Cartographie Electorale et Politique du BRIDES Elections 2016. Troisième Sondage national d’opinions renseignant les Citoyens et Citoyennes sur les possibilités de vote pour des candidats à la présidence, au sénat et à la députation aux prochaines élections. Sondage du 28 septembre au 1er Octobre 2016 » et à écrire le présent article. Nous mettrons en exergue quelques faiblesses techniques décelées au niveau dudit document.
Rappelons, tout d’abord, qu’un sondage électoral est un cas particulier de sondage d'opinion (ou encore enquête d'opinion). Lequel est  une application de la technique des sondages sur un groupe humain visant à déterminer les opinions (ou les préférences) probables des individus le composant, à partir de l'étude d'un échantillon de cette population. Cela dit, comme toute étude scientifique, le sondage électoral a ses limites et peut évidemment contenir certaines failles ou faiblesses techniques.
Au niveau dudit document, en parlant de faiblesses, il y a lieu de mentionner et d’analyser ce qui suit :
1.            Aucune précision sur la méthode de choix des Sections d’Enumération (SDE)
Nulle part dans le document, le BRIDES n’a indiqué la méthode utilisée pour choisir les 476 SDE où les personnes ont été interviewées. Cette information est, pourtant, très importante car le choix des SDE est le premier niveau d’échantillonnage utilisé par cette firme pour mener son sondage.
Mal choisir les SDE revient à avoir un échantillonnage biaisé dès le départ. Alors, pourquoi n’y a-t-il aucune précision sur la façon de faire ce choix? 
2.            Choix des circonscriptions comme le plus bas niveau de représentativité et marge d’erreur de plus de 10%
Le choix du nombre de personnes à interviewer est fait sur la base des circonscriptions électorales. En effet, le document a précisé ce qui suit : « L’échantillon est constitué de 13614 à raison environ de 100 personnes par circonscription électorale constituée d'une seule commune et environ 150 pour des circonscriptions électorales constituées de 2 ou 3 communes ».
Ce choix comporte plusieurs problèmes majeurs.
Premièrement, le choix n’ayant pas été réalisé sur la base du nombre d’électeurs par circonscription induit des taux d’erreur élevés (plus de 10%) au niveau de chaque circonscription. Or, un sondage avec plus de 10% d’erreur n’est vraiment pas précis.
Si des intervalles de confiance sont réalisés pour chaque candidat avec cette marge d’erreur pour les résultats des candidats à la députation, des candidats au sénat et des candidats à la présidence au niveau de chacune des circonscriptions, il sera très difficile de savoir où un candidat dépasse réellement un autre dans une circonscription. Par exemple, le candidat A obtient 30% des intentions de vote et le candidat B 13% au niveau de la circonscription X avec 10% comme marge d’erreur signifie que le candidat A possède une marge des intentions de vote réelles entre 20% et 40% et le candidat B entre 3% et 23%. Donc, il se peut que le candidat B possède, en réalité, plus de partisans qui vont le voter que le candidat A si le vrai pourcentage pour le candidat A est 21% et le candidat B 22%, tous compris dans l’intervalle de confiance des deux candidats.
Deuxièmement, le nombre de personnes interviewées au niveau de chaque département devient fonction du nombre de circonscriptions que comporte le département et non du nombre d’électeurs potentiels au niveau du département. Ainsi, le Nord a eu beaucoup plus de personnes interviewées que l’Artibonite alors que ce dernier a presque deux fois plus d’électeurs potentiels que le département du Nord[1].
3.                       Inadéquation entre la formule utilisée pour déterminer l’effectif des individus et le nombre de SDE au niveau de chaque circonscription électorale.
Au niveau de la méthodologie, il est écrit que : « d’abord l’échantillon est constitué de 13614 à raison environ de 100 personnes par circonscription électorale constituée d'une seule commune et environ 150 pour des circonscriptions électorales constituées de 2 ou 3 communes. Ensuite, les ménages ont été choisis au sein des SDE à raison de 25 par SDE ». Les 13614 ménages ont donc été tirés de 476 SDE (4*119).
Ce qui est anormal !
Cette formule marche effectivement pour  une circonscription électorale constituée d’une seule commune (100 ménages =25ménages/SDE * 4 SDE), par contre ce n’est pas le cas pour les circonscriptions composées de 2 à 3 communes (150 ménages ≠ 25 ménages par SDE * 4 SDE).
De fait, la formule du nombre total de SDE retenu devrait être : 
Z=4*X+6*Y
Avec :
Z : Nombre de SDE retenus
X =Nombre de circonscriptions avec une seule commune
Y = Nombre de circonscriptions avec 2 ou 3 communes
On aurait eu plus de 476 SDE au total si effectivement 25 ménages étaient choisis par SDE.
4.                       L’unité statistique choisie et la méthode de tirage
 «  Au sein de chaque ménage une personne de 18 ans et plus est choisie au hasard suivant la méthode de Kish ».
Le ménage est  donc choisi comme unité de base de l’échantillonnage. En choisissant une personne par ménage, le chercheur déduit-il de manière implicite que le choix de cette personne représente celui du ménage ? Or dans la société haïtienne, aucune étude, à notre connaissance, n’a permis de conclure qu’à l’intérieur d’un ménage, le choix, lors des élections, est uniforme.
De plus, en appliquant la méthode de KISH pour tirer un individu au sein des ménages sélectionnés, à l’intérieur d’une même SDE, la probabilité qu’un potentiel électeur soit interviewé est fonction du nombre de personnes éligibles dans son ménage. Les potentiels électeurs n’ont donc pas la même probabilité d’être tirés.
Par exemple, la probabilité de tirer un individu éligible au niveau d’un ménage avec 2 personnes éligibles est de 1/2 or dans un ménage avec 5 personnes éligibles, il est égal à 1/5.
Il n’est donc pas trop commode d’utiliser les résultats de ce sondage pour extrapoler sur la population des potentiels électeurs. Il n’est même pas possible de l’extrapoler sur la population des ménages.
5.       Taux de Participation et taux de détention de carte électorale
Considérant les tableaux 5 et 6 du document en question, le taux de détention de carte électorale et le taux de participation aux élections à venir sont respectivement de 98.6% et de 96.2 %.
Tandis que :
-          D’une part, au sein de la population totale, au regard des élections du 25 Octobre 2015, le taux de participation tournait autour de 30% à 32.5%, selon l’Organisation des Etats Américains (OEA)[2] et l’Observatoire Citoyen pour l’Institutionnalisation de la Démocratie (OCID)[3] ; Faire un bond à plus de 95% de participation relèverait du miracle, compte tenu des taux habituels de participation.
-          D’autre part, le taux de détention de carte électorale en Haïti est d’environ 86.5%. En effet, selon les données disponibles sur le site de l’Office Nationale d’Identification (ONI), 5,447,111 personnes ont une  carte et la population âgée de plus de 18 ans selon l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) est de 6,296,351.00.
Ce qui montre une fois de plus qu’il existe des biais considérables au niveau de l’échantillon tiré.
CONCLUSION
En dépit de ces faiblesses constatées, ce sondage présente des données qui peuvent être exploitées et utilisées avec beaucoup de précaution. De plus, conscient que les statistiques deviennent de nos jours, un outil incontournable dans les prises de décisions, réaliser des sondages électoraux est une initiative à encourager !

De fait, Il serait très intéressant que d’autres firmes évoluant dans ce domaine organisaient elles aussi des sondages avec des méthodologies plus appropriées.


Radjiv Thaylor ZEPHIRIN                                                      Pierre Philippe Wilson REGISTE
                                                     




[1] IHSI, Population totale, 18 ans et plus, ménages et densités estimés en 2015, Mars 2015, p.21
[2] http://www.hpnhaiti.com/site/index.php/politique/17175-haiti-elections-taux-de-participation-30-loea-appelle-au-calme
[3] http://ayitinews.com/haiti-elections-un-taux-de-participation-de-32-5-selon-locid/

23 septembre 2016

Les résultats des élections de 2016 pourraient être disponibles le 10 octobre

Scrutin non-electronique 

Dans tout pays où le système de vote est totalement électronique, les résultats des élections ne se font pas attendre et sont disponibles le soir même des élections ou dans 24 heures au plus tard. Par exemple, au Brésil, en 2002, le vote électronique a été utilisé à 100% et les résultats étaient disponibles dans 24 heures.
Si un pays utilise le vote par internet[1], ce système permet même de connaitre les résultats au fur et à mesure que le vote se déroule.
En Haïti, le système de vote utilisé depuis 1990 est le vote manuel où chaque votant doit remplir son bulletin de vote et le déposer dans une urne placée à cet effet. Le dépouillement des bulletins de vote est réalisé le soir même[2] et un procès-verbal est dressé pour chaque bureau. Le procès-verbal produit en 6 exemplaires[3] contient les résultats d’un bureau de vote détaillé pour chaque candidat. La vérification et la tabulation de tous les procès-verbaux prennent un temps fou à cause surtout du temps d’acheminement de ces derniers provenant de tous les recoins du pays au centre de tabulation se trouvant dans la commune de Delmas. Par exemple, les résultats des élections du 25 octobre 2015 n’étaient disponibles que le 5 novembre (11 jours après).
Il parait évident que le temps de disponibilité des résultats d’une élection dépend en grande partie du système de vote utilisé par le pays en question.
Ce document n’est pas un plaidoyer en faveur de l’établissement du vote électronique en Haïti. Il est, de préférence, un document démontrant qu’en utilisant le système de vote actuel, il est possible que les résultats des élections soient disponibles le jour suivant le jour du scrutin.

Transmission électronique des procès-verbaux

Le processus de production des résultats des élections, en Haïti, peut se résumer ainsi :
-          Pour chaque bureau de vote, un procès-verbal plastifié (physique) est envoyé au Centre de tabulation.
-          Le Centre de tabulation utilise les prescrits de l’article 171.1 du décret électoral pour juger de la validité de chacun des procès-verbaux reçus.
-          Le Centre de tabulation compile les données des procès-verbaux valides pour arriver aux résultats des élections.
Donc le processus débute avec la réception des procès-verbaux.
Or selon l’article 169.2 du décret électoral du 2 mars 2015, « le BEC, qui reçoit les procès-verbaux physiquement ou électroniquement de tous les superviseurs principaux dans les centres de votes[4], est tenu d’utiliser les nouvelles technologies de l’information mises à sa disposition par le CEP afin de transférer électroniquement et dans l’immédiat les procès-verbaux de dépouillement destinés au Conseil électoral provisoire pour le Centre de tabulation en attendant que les originaux plastifiés arrivent à destination ».
Donc, aucun article n’empêche la transmission électronique de tous les documents nécessaires (procès-verbal, Liste d’émargement partiel, procès-verbal de carence et procès-verbal d’incident) au Centre de tabulation. Les articles du décret électoral le permettent en fait.

Compilation automatique des procès-verbaux

Le système proposé utilise un outil déjà mis en place par la Commission Indépendante d’Evaluation et de Vérification Electorale (CIEVE).
A l’aide de l’application ODK disponible sur toutes les tablettes Android et d’un serveur interne au niveau du Centre de tabulation ou d’un serveur externe, les données des procès-verbaux pourront être saisies en utilisant une forme et les documents pourront être photographiés pour une transmission électronique au Centre de tabulation. Ce travail pourrait être réalisé par un ou deux superviseurs affectés à chaque centre de vote le jour du scrutin, le 9 octobre, après les dépouillements au niveau des bureaux de vote.
L’utilisation d’une forme sur l’application ODK permettra de compiler automatiquement les résultats de tous les procès-verbaux saisis et de recevoir automatiquement tous les documents par voie électronique.
Avec ce processus, un premier résultat pourra être disponible le soir même du vote. Mais attention, ce résultat tiendra compte de tous les procès-verbaux, y compris ceux qui seront, éventuellement, non valides selon les prescrits de l’article 171.1 du décret électoral.

Vérification de la validité des procès-verbaux

Peu importe le serveur utilisé et la base de données de réception des données, des 14 points pouvant produire la non-validité d’un procès-verbal, 3 points (données de vote manquant, votes non saisissables, nombre total de votes supérieur au nombre total d’électeurs prévus) pourront être vérifiés automatiquement et pourront entraîner la mise à l’écart automatique des procès-verbaux ne respectant pas ces 3 points. Les onze autres points devront être vérifiés en utilisant un traitement et un jugement humain sur chacun des procès-verbaux reçus électroniquement ou physiquement.
Les résultats préliminaires qui peuvent être disponibles le soir même des élections comprendront, donc, les procès-verbaux pour lesquels sauf un traitement humain permettra de les écarter.
Comment arriver à vérifier tous les procès-verbaux en une journée au maximum ? Il suffit de décentraliser le système de vérification au niveau des BEC. De par l’expérience des élections en Haïti, les procès-verbaux destinés aux BEC arriveront avant une journée au niveau du BEC. Donc, il est possible de débuter avec la vérification des procès-verbaux au niveau des BEC le soir même des élections et terminer avec cette vérification le lendemain au plus tard.
La même application ODK permettra de mettre à l’écart tous les procès-verbaux jugés non-valides et les résultats seront disponibles le 10 Octobre au soir au plus tard.

Conclusion

Les résultats préliminaires des élections de 2016 peuvent être disponibles 24 heures après les élections en utilisant un processus électronique de saisie des données des procès-verbaux et de photographies des documents avec l’application ODK qui est déjà utilisée par la CIEVE lors de la vérification.
Le décret électoral du 2 mars 2015 permet d’avoir le transfert électronique des documents. Le seul problème réside dans la vérification de 11 des 14 points pouvant induire la non-validité d’un procès-verbal qui ne peut pas être réalisé automatiquement. Néanmoins, une vérification décentralisée des procès-verbaux au niveau des BEC permettra d’avoir l’épuration et la disponibilité des résultats préliminaires le lendemain du jour du scrutin. Donc le 10 octobre 2016.
Les résultats des élections de 2016 peuvent être disponibles 24 heures après la fin du scrutin et nous disposons de toute la technologie nécessaire pour le faire en Haïti.

Auteur : Pierre Philippe Wilson REGISTE
Contact : pentagoneconsultinggroup@gmail.com



[1] Il est à noter que le vote électronique est différent du vote par internet.
[2] Article 162 du décret électoral du 2 mars 2015
[3] Article 169 du décret électoral du 2 mars 2015.
[4] Article 169.1 du décret électoral du 2 mars 2015.

13 février 2016

L’intelligence d’affaires, l’art de prendre des décisions basées sur des évidences

Domaine particulièrement récent dans le monde scientifique, l’intelligence d’affaires, Business Intelligence (BI) en anglais, est peu connu en Haïti et pourtant, son importance ne cesse de s'accroître à travers le monde.
En fait, c’est quoi l’intelligence d’affaires ?
Pour Michel Dionne, directeur du programme de certification en ventes-marketing de l’université Laval, c’est la transformation des données en information pouvant servir à la prise de décision.
Selon Philippe Tores, le président d’une entreprise experte en gestion de l’information, c’est l'ensemble des processus et des technologies qui permettent à la direction et aux cadres d'une entreprise de prendre des décisions plus éclairées.
Synthétisant les différentes définitions, l’intelligence d’affaires peut être vue comme étant l’ensemble des techniques permettant de tirer des informations utiles et fiables à partir de l’ensemble des systèmes d’information (SI) d’une entreprise devant faciliter une prise de décision rationnelle visant à améliorer les différentes stratégies de l’entreprise.
Certains chefs d’entreprise se disent qu’ils n’ont pas de systèmes d’information, surtout parce qu’ils le voient comme un processus informatisé et complexe. En réalité, chaque entreprise publique ou privée en possède.
Le système d’information concerne les processus de collecte de données de l’entreprise. Les processus de collecte de données sur les clients, les productions, les distributions et les ventes font partie intégrante de ces systèmes qui peuvent être totalement informatisés, partiellement informatisés ou non-informatisés.
L’intelligence d’affaires permet donc d’utiliser les données provenant de toutes les sources existantes dans l’entreprise pour en tirer des informations pertinentes afin d’aider les gestionnaires à prendre des décisions basées sur des évidences pour le présent et l’avenir de l’entreprise.
En quoi, est-ce important d’utiliser l’intelligence d’affaires ?
Les décisions se prennent à chaque instant dans l’entreprise. Faut-il augmenter sa production dans une période donnée et la diminuer le reste de l’année ? Faut-il accorder plus de crédit à ce client qui en fait la demande ? A quelle époque faut-il avoir plus de caissiers pour éviter les longues files d’attente ? Que faire pour retenir et fidéliser les clients ? Tant de questions auxquelles le gestionnaire doit répondre.
Prendre ces décisions dans l’ignorance peut nuire à l’avenir de l’entreprise. Les prendre avec des informations incomplètes est tout aussi néfaste pour la santé de l’entreprise. L’intelligence d’affaires permet en ce sens de prendre ces décisions avec la plus grande précision possible. Ce qui augmentera les profits de l’entreprise et la placera en bonne position par rapport à la concurrence.
A qui s’adresse ce domaine ?
Toutes les entreprises publiques et privées ont besoin de l’intelligence d’affaires pour aider à la prise de décisions.
Que ce soient les multinationales, les grandes entreprises, les moyennes entreprises ou les PME, tous les types d’entreprises indépendamment de leurs tailles ont besoin de prendre des décisions. Ils ont donc besoin de l’intelligence d’affaires.
Pourquoi si peu de bruit autour d’un secteur aussi important ?
Vu l’avantage qu’offre l’utilisation de l’intelligence d’affaires dans une entreprise, ne vous étonnez pas qu’un concurrent ne vous dévoile pas ce qui fait de son entreprise la meilleure sur le marché indépendamment des efforts que vous et les autres concurrents déploient.
L’information est le pouvoir. L’information ouvre la porte aux stratégies visant à être toujours plus compétitif sur le marché. Aucune entreprise ne partagera son secret avec ses concurrents.
Qui l’utilise en Haïti ?
Il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui l’utilisent en Haïti. La plupart des entreprises qui ont des analystes, ils ne sont pas assez formés pour jouer le rôle d’analyste en intelligence d’affaires. Ils analysent souvent des données provenant d’un seul système d’information à la fois. Ce qui ne permet pas de croiser toutes les données collectées par l’entreprise.
Le leader du secteur de la téléphonie en Haïti et le leader du secteur bancaire utilisent l’intelligence d’affaires pour prendre les décisions stratégiques. A vous de juger si l’intelligence d’affaires ne leur procure pas un certain avantage sur la concurrence !
A quel prix ?
Evidemment, les entrepreneurs avisés se demandent combien cela coûtera à leur entreprise d’utiliser l’intelligence d’affaires dans leurs processus de prise de décision.
Une grande entreprise peut certainement s’offrir les services d’un bon analyste d’intelligence d’affaires. Mais cela peut coûter effectivement beaucoup trop à une PME d’avoir le service d’un analyste d’affaires fonctionnant à temps plein.


Pentagone Consulting Group (PCG) se fera le plaisir de vous épauler, en ce sens, dans votre processus de prise de décision en jouant le rôle d’analyste en intelligence d’affaires à vos côtés à un prix négociable. N’hésitez pas à nous contacter !

Auteur: Pierre Philippe Wilson REGISTE